___Je rêvais. J'en étais sûre pratiquement à cent pourcent. Car j'avais déjà vécue ce drame, il y a quelques semaines, il était irréel que je le revive actuellement une seconde fois. Tout avait l'air semblable à la version « originale » ou « réelle » peu importe. Excepté quelques détails qui interféraient, des détails insignifiants, comme les vêtements que je portaient, l'air froid que je respirais ou l'endroit où je me trouvais. Cela n'avait pas d'importance qu'il y avait des changements ou non, à la fin je trouvais toujours la même chose...
Il faisait nuit, très froid et je ne voyais les alentours que grâce à la lune, parfaitement ronde, même s'il y avait peu de choses à observer. Il n'y avait aucune route, aucune habitation. Je ne faisais attention qu'à l'herbe qui se balayait sous mes pieds et à mes mains qui tentaient de se frayer un passage entre les arbres, plantés ici et là, lesquels je touchaient vivement quitte à m'égratigner la peau. Je réalisai que je marchais lentement, que je ne me pressais pas, je surveillais où mes pieds se posaient. Au bout de quelques minutes, je me rendis compte que je retenais mon souffle, tellement je me sentais méfiante, envahis d'une angoisse, certes trop calme mais bien là, au fond de moi. Les seules fois où j'avais conscience que je respirais c'est en voyant s'échappait la fumée de ma bouche à cause de l'air frais. J'étais angoissée à la simple idée de découvrir ce que cachait ce monceau de forêt. Je savais pertinemment ce qui m'attendais : le même acte d'atrocité, la même scène d'horreur. Mais si je voulais me réveiller, il me fallait l'affronter, comme les fois précédentes.
Alors je continuais mon chemin, en repoussant les troncs qui se heurtaient à moi. Je continuais ainsi encore un certain temps, jusqu'à ce que finalement le mur d'arbres se dégage et dévoile ce que je redoutais toujours autant et qui me semblait à chaque fois, une sorte de fatalité, l'inévitable qui me poursuivrait encore longtemps. Je sentis ma gorge se nouait, mon pouls s'accélérait et mes yeux se baissaient sur ce qui me semblait... ma famille. Oui, elle était bien là, gisante sur le sol, totalement inerte. L'absence d'expression sur leurs visages me frappa et je retins un cri d'horreur. Ce n'était pas la première fois que je faisais ce rêve. Il était toujours différent. Quelque chose venait toujours interfé et chaque fois il me semblait plus long. J'ignore combien de temps je restai là à contempler les dégâts qui leurs avaient été infligés, mais j'étais incapable de détourner les yeux ou de bouger. Je ne cessais d'observer les deux trous perforaient par des crocs, qui se dessinaient dans les cous. Les seules marques qui témoignaient de l'origine de leurs assassins : des vampires. Ceux qui avaient fait ça avaient enfreint la première loi de cohabitation de nos deux espèces : prendre les Humains pour proie pour combler leur soif. Ceux-là avaient été féroces et ne nous avait laissé aucune chance. J'aurai aimé m'agenouiller et tendre les bras pour les réveiller et les emmener avec moi, mais je pouvais à peine bouger et je savais qu'ils n'auraient pas réagis. Ils étaient partis. Tous.
Je sentis alors quelque chose coulait le long de mon cou et de mes poignets. Avant même de vérifier, je sus que c'était mon sang, car moi aussi, j'avais été touchée cette nuit-là. Mais heureusement ou pas d'ailleurs, j'y avait survécu, parfois je préférerais que non. Dans la seconde qui suivi cette pensée, mon corps apparût, lui aussi sur le sol. J'agonisais et je me voyais, de là où je me tenais, me vidais de mon sang. C'était aussi terrifiant mais moins douloureux que de voir les miens sans plus aucune lumière dans les iris. J'ignore complètement à quoi je me raccrochais car la chaleur avait depuis longtemps quitté mes proches, enlevant par la même occasion ce souffle de vie en moi. Mais je tenais bon.
Une silhouette apparût brusquement, au loin, à quelques mètres de moi. Elle s'approchait de plus en plus, tandis que moi je me mis à reculer, encore et encore, contre mon gré. J'essayais de m'agripper à ce qui me tombait sous la main, mais une force me tenait éloigné. Je voulais rester et voir qui c'était. Je la vis s'agenouiller près de mon corps allongé. Sa voix retentit. Cette voix qui résonnait toujours quand je rêvais de ce moment là. Elle disait : « Je vais réparer ça! ». Le ton était posé, lent mais dur et grave.
Je reculais encore. Quelque chose m'empêchait toujours de voir la fin. Le rêve devenait flou à ce moment là, confus, brouillé et je n'apercevais jamais le visage de celui qui me sortait de là.
Je me réveillai...
Voilà comment se poursuivait ma vie. Revivant périodiquement ce qui a changer définitivement le cours de mon existence.
Je ne croyais pas au destin et si c'était de me retrouver seule, coupée des seuls êtres que j'aimais et dont j'étais proche alors j'avais encore plus de raison d'envoyer tout ça baladé. J'étais en colère contre la vie, mais à priori pas assez pour détester tout ce qui m'entourait. Je n'étais pas de nature à me focaliser sur moi-même ou à pleurer sur mon sort. J'étais peut-être seule et souffrais, mais jusqu'à présent, j'avais réussis à survivre, peut-être pas complètement mais mon c½ur battait toujours et mes poumons ne s'étaient pas résignés à me barraient l'air que je respirait. À moi de continuer à voir ça comme le stricte nécessaire et suffisant pour le moment. Je savais que la blessure ne se refermerait jamais et je pourrais m'estimer heureuse si un jour elle cicatrice.
Voilà pour cette 1ère partie
de ce 2e chapitre
J'espère que ça vous a plût
et que vous appréciez toujours!
La 2e partie sera en ligne demain.
XO_